Détour et des tours en traîneau à Zaraïsk (Russie)



Après la Laponie suédoise puis la Norvège, l'idée m'est venue de découvrir un peu du cœur de la Russie en hiver et bien entendu… aux commandes d'un traîneau à chiens.

En février dernier, je suis passé de l'autre côté de l'image d'Épinal faite de forêts de bouleaux et de rivières gelées. Car c'est un fait : une fois sur place, la réalité ne manque jamais de tordre le cou à l'imagination (la mienne en particulier). Elle se charge de rafraîchir aussi bien les sens que l'esprit, de couper court aux lieux communs et c'est bien mieux comme ça.





Toutefois, il y a un point que j'avais sous-estimé : la hauteur de la fameuse barrière de la langue.  Les quatre mois d'apprentissage du Russe à l'emporte-pièce qui ont précédé le voyage n'ont pas été suffisants pour communiquer au-delà des besoins basiques sans l'aide permanente d'un dictionnaire… et encore c'était plus que laborieux ! C'est bien dommage, car j'aurais aimé pouvoir échanger plus profondément avec les gens que j'ai pu croiser et plus particulièrement avec Eléna Potselueva ma musheuse/guide. Car Eléna est une personne qui vaut qu'on s'y attarde. J'aurais aimé mieux comprendre sa manière de gérer ses chiens en n'utilisant jamais la violence, contrairement aux pratiques malheureusement courantes dans le milieu. J'aurais aimé en savoir d'avantage sur son expérience professionnelle et plus particulièrement sur sa participation à l'expédition Arktika de Gilles Elkaim. Au moins, pas de problème de barrière linguistique avec les 12 chiens que nous avons pris avec nous. La communication avec les chiens est toujours aisée pour peu qu'on y mette du sien. Ce manque de maîtrise du russe qui m'a quelque peu isolé de mon environnement sera mon unique regret.

Aéroport de Domodedovo. Eléna est venue me chercher en voiture afin de rejoindre son chenil isolé sur les rives de la Moskva, dans les environs de Moscou. Parvenus sur place il fait déjà nuit, quelques flocons virevoltent dans le vent d'hiver. Du coup, on se bouscule, on se fait des nœuds à la tête pour tout faire rentrer dans le modeste fourgon (genre Renault Trafic) fatigué de sa collègue Svetia. "Tout", ce sont les 12 chiens, les 2 traîneaux et les bagages, la nourriture sans oublier les 2 passagers et la conductrice. Une fois passées les ornières des petites routes nous emprunterons l'autoroute en direction du Sud. 130 kilomètres plus loin, au bout d'un voyage assez folklorique plein de bonne humeur, le camp de vacances "Esturgeon" niché dans les bois à une quinzaine de kilomètres de Zaraïsk, la ville la plus proche.
Le lieu étant vide d'enfants à cette époque de l'année, nous allons pouvoir prendre nos aises la semaine durant dans le bâtiment qu'on nous a réservé. Un étrange petit "chez nous" où Eléna va s'avérer une excellente cuisinière (malgré les moyens assez rudimentaires).

Davaï !
Il est temps d'harnacher les chiens pour aller sillonner les environs, parcourir avec nos équipages les forêts et les collines alentour. Le traîneau a ça de bon qu'il ouvre sur des paysages inconnus pour peu qu'on se laisse transporter. Sur un traîneau, en Russie ou ailleurs, on retrouve le sentiment profond de communier avec le Monde, de pouvoir aller au-delà de notre horizon.


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