Lettre ouverte au monde littéraire et à ceux qui le fréquentent

Lecteurs, éditeurs, auteurs angoissés ou pas, rassurez-vous !

Jamais, je vous le promets, Claude, ChatGPT ou autres IA génératives ne feront main basse sur mon génie créatif. À chacun ses lignes, à chacun sa came.

Comment le pourraient-ils alors que je ne maîtrise ni le flux de mon imagination, celle qui me surprend bien avant l'aurore, ni les fulgurances qui me saisissent au détour d'un sentier de montagne. Les machines seront-elles un jour capables de capter dans leurs rets cette inspiration qui surgit quand et où elle le veut bien ? Je prétends que non. Parce que la capacité d'invention des IA pour illimité qu'elle puisse être n'est que le résultat de calculs, d'exploitation de l'existant humain, d'extrapolations pas vraiment hasardeuses.

Et quand bien même !  L'imagination de l'IA ne sera JAMAIS la mienne car je n'ai conclu aucun pacte faustien avec elle. Ne sachant pas de quoi mes propres lendemains créatifs seront faits, comment craindre une concurrence qui ne joue pas dans la même cour ? Son imaginaire ne sera pas le mien. Le beau roman qu'elle va me proposer ne sera pas le mien avec son lot de scories, de maladresses, d'hésitations, de traits de folie ou de sagesse qui n'appartiennent qu'à moi. Je prends d'ailleurs un réel plaisir à emprunter des détours impensés qui feraient perdre les pédales aux plus puissants des algorithmes.

Artisan écrivain, je ne serai jamais un de ces techniciens spécialisés maitrisant les prompts comme d'autres pilotent une machine-outil de haute précision. J'en serais bien incapable et surtout, ça ne m'intéresse pas. Mon égo a besoin de tellement plus pour être satisfait. Éventuellement. Pour exister, Il a besoin de venir à bout du parcours d'obstacles que représente l'écriture d'une œuvre littéraire, que ce soit à travers un mauvais roman ou une mauvaise nouvelle.

Pour revenir sur le terme de génie créatif, me concernant, je concède que c'est un brin exagéré. Quant au reste, je ne retirerai rien… même après une énième correction.

Et si cette lettre ouverte fait évidemment suite à la fameuse affaire Thélyson Orélien, c'est son problème, pas le mien. Je ne serai pas son juge. Il n'y a pas de crime. Il n'y a que la conscience.

Bon, j'ai du boulot qui m'attend. Quelques centaines d'heures de labeur devant moi avant d'atteindre un (in)certain bonheur. On dirait que c'est un nouveau roman.

 

Eric Tchijakoff

Auteur (pas machine)


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